La Tique

 

La maladie de Lyme 

 

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  • L’agent pathogène

La maladie de Lyme, ou Borréliose de Lyme, est une maladie infectieuse provoquée par une bactérie, Borrelia burgdorferi. Cette bactérie spiralée existe sous de nombreuses variantes appelées souches, qui diffèrent légèrement les unes des autres mais provoquent des symptômes similaires. La  maladie de Lyme existe depuis très longtemps (l’homme fossile vieux de 5300 ans  trouvé dans le Tyrol Italien, Ötzi, en était porteur!), mais pour des raisons encore mal connues, sa prévalence augmente de façon spectaculaire au point qu’elle a été classée en 2009 « zoonose prioritaire » par l’InVS (Institut de Veille Sanitaire) et qu’elle est souvent citée comme « maladie émergente ». Cependant, l’Acrodermatite Chronique Atrophiante (ACA) décrite dans la littérature scientifique dès la fin du XIXème siècle en Europe est reconnue aujourd’hui comme l’un des symptômes d’une maladie de Lyme au stade tardif. Le nom actuel de la maladie provient de la ville de Lyme, aux États-Unis (Connecticut), où elle a été identifiée dans les années 1980, cette forme américaine  donnant principalement des arthrites des grosses articulations. Les souches européennes de Borrelia burgdorferi sont beaucoup plus diversifiées et donnent des symptômes différents.

  • Les vecteurs : les tiques 

Bien qu’il existe d’autres modes de contamination, Borrelia burgdorferi est le plus souvent transmise par une piqûre de tique. Les tiques peuvent transmettre, outre la maladie de Lyme, une bonne trentaine d’agents pathogènes, provoquant ce qu’on appelle des co-infections (on en découvre régulièrement de nouvelles). La tique se contamine lors d’un repas de sang sur un hôte infecté, ou plus rarement elle peut être porteuse dès sa naissance d’organismes pathogènes transmis par la femelle à ses œufs.

Les tiques prolifèrent dans les lieux ombragés et humides, spécialement dans les sous-bois et les lisières de forêts, mais également dans les pâtures, les chemins creux, les haies, les jardins, et les parcs publics des villes…. La présence de grands animaux comme les Cervidés, les sangliers, mais aussi le bétail et les petits rongeurs, favorise leur multiplication.

Le froid et la sécheresse ralentissent l’activité des tiques qui se réfugient alors sous les feuilles mortes, dans les anfractuosités du sol. Aussi les périodes de plus grand risque sont-elles le printemps et l’automne. Mais lorsque l’été est frais et pluvieux, l’hiver doux et humide, les tiques peuvent aussi être de sortie.

La tique attend à l’affût sur un brin d’herbe, une fougère, un buisson, le passage d’un hôte potentiel, puis elle se laisse tomber sur lui, et se déplace ensuite sur le corps à la recherche d’un point propice à sa piqûre. Elle déchire ensuite la peau (la salive de tique est anesthésiante, l’hôte ne sent donc rien) et enfonce dans la blessure son hypostome, sorte de rostre hérissé de dents recourbées vers l’arrière, comme un harpon. Une fois en place la tique se gorge de sang, pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours, puis elle se détache d’elle-même, se laisse tomber sur le sol où elle effectuera une mue avant de rechercher un nouvel hôte. On compte ainsi 3 stades successifs : la larve, la nymphe, et l’adulte.

Les larves et les nymphes sont très petites : moins d’un millimètre, et leur piqûre passe le plus souvent inaperçue. Ainsi même si on n’a pas conscience d’avoir été piqué par une tique, on peut développer la maladie de Lyme ou une de ses co-infections.

  • Les symptômes : phase précoce 

La phase précoce de la maladie de Lyme se caractérise parfois, mais pas toujours, par la présence d’un érythème migrant qui s’étend à partir du site de la piqûre. Cet érythème migrant est un signe pathognomonique de Lyme : sa présence suffit à établir le diagnostic. Le traitement antibiotique* doit être commencé immédiatement, sans attendre une sérologie qui prend de toutes façons plusieurs semaines à se positiver. (* Recommandations officielles : 2 à 3 semaines de doxycycline -200mg/jour-ou d’amoxicilline -4 à 6 g par jour –  )

 Un autre signe est le syndrome pseudo-grippal : fièvre modérée, frissons, maux de tête, douleurs diffuses type courbatures de grippe, douleurs articulaires, fatigue. Toute « grippe » survenant hors saison, dans un contexte d’exposition possible aux tiques, doit faire soupçonner une maladie de Lyme débutante. Il est à noter que beaucoup d’autres infections transmises par les tiques débutent également par un syndrome pseudo-grippal.

  • Les symptômes : phase disséminée ou « Lyme chronique » 

Lorsque la phase précoce est passée inaperçue ou a été mal soignée, la maladie évolue vers la phase disséminée : la bactérie colonise l’ensemble des organes du corps, conduisant à une grande variété de symptômes, dont aucun n’est vraiment spécifique de Lyme.  Lyme peut imiter presque toutes les pathologies connues, d’où son surnom de « grande imitatrice ». 

Les tests sérologiques disponibles actuellement n’ont qu’une sensibilité moyenne de 50 % * (*de 21 à 100 % selon les stades et les études, source : conférence de consensus 2006). Une sérologie négative n’est donc pas une preuve que vous n’avez pas la maladie de Lyme. Le diagnostic doit avant tout être clinique, basé sur les symptômes. Car si aucun symptôme, à lui seul, n’est spécifique de Lyme, le tableau général formé par cette accumulation de symptômes est en revanche très typique.

Deux ensembles de symptômes doivent attirer l’attention :

  1. Une fatigue intense, sans relation avec une cause identifiable, qui varie d’intensité d’un jour à l’autre mais va en s’accentuant au fil du temps, accompagnée de troubles du sommeil.
  2. Des douleurs diffuses, articulaires, musculaires, tendineuses, ligamentaires, dont l’intensité et la localisation varient au cours du temps, là encore sans aucune cause identifiable. 

De nombreuses « fibromyalgies » et « syndromes de fatigue chroniques » sont en réalité des maladies de Lyme chroniques.

A ces symptômes essentiels s’ajoutent, selon les cas, de nombreux autres symptômes, dont voici une liste non exhaustive :

  • migraines, céphalées
  • difficulté de concentration, perte de mémoire, confusion…
  • douleurs le long des trajets nerveux
  • paresthésies -fourmillements, sensations de brûlures-
  • arthrites avec gonflement des articulations
  • paralysie faciale, paralysies des membres
  • engourdissement des membres
  • tremblements des membres à l’effort, fasciculations
  • nuque raide, syndrome méningé
  • troubles visuels, photophobie, yeux irrités
  • trouble auditifs, acouphènes, vertiges
  • problèmes cutanés (éruptions diverses)
  • problèmes digestifs (estomac, intestins)
  • nausées
  • sueurs nocturnes, frissons, fièvres
  • prise ou perte de poids inexpliquées
  • insomnies
  • sautes d’humeur
  • dépression, anxiété
  • perte de libido
  • troubles du rythme cardiaque…

Au stade disséminé la maladie de Lyme est difficile à soigner et nécessite une prise en charge au long cours.

  • Évitez les piqûres de tiques !

En forêt, restez sur les sentiers. Si vous devez traverser des zones à risque (hautes herbes, broussailles) portez des chaussures fermées, des vêtements couvrants, une casquette, rentrez le bas des pantalons dans les chaussettes, le tee-shirt ou la chemise dans le pantalon, utilisez des répulsifs sur les jambes et les parties de peau découvertes… Au retour de la sortie, prenez une douche (pour enlever les tiques non encore fixées), et inspectez soigneusement l’ensemble de votre corps : les tiques peuvent être très petites et leur piqûre est le plus souvent indolore.

 A tous les stades, la tique peut transmettre des maladies. Plus la tique reste accrochée longtemps, plus le risque est élevé : il faut donc retirer toutes les tiques le plus vite possible, en utilisant un tire-tique (vendu en pharmacie ou chez les vétérinaires) ou, à défaut, une pince à épiler. N’appliquez aucun produit (alcool, savon) sur la tique, cela augmenterait les risques de contamination. Une fois la tique retirée cependant, il faut désinfecter la plaie.

Pour tout renseignement > voir Association Orne Lyme